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Les Habitants Vigilants
Association des Habitants Vigilants du canton de Gondrecourt le château

#bure

200 000 PAS A BURE

Plusieurs centaines de personnes confluent vers le site de l'ANDRA pour protester contre le projet CIGEO, véritable faille écologique et économique du Nucléaire français. Dans l'après-midi, ils seront plus de 2000 citoyens de bon sens à manifester leur mécontentement.

Ni le temps qu'il fait, ni le temps qui passe n'entament notre détermination.

Le nucléaire doit s'arrêter.

200 000 pas à Bure, dimanche 5 juin 2016

Les 200 000 pas approchent, alors mobilisez autour de vous pour en faire un vrai succès, comme l'an passé !
L'enjeu est de taille car mi-mai, la proposition de loi Longuet va être examinée au Sénat. Si elle se concrétise, elle lancerait la "phase-pilote" qui n'est rien d'autre que la première étape de construction de Cigéo, alors que le dossier de demande d'autorisation de l'Andra n'a pas encore été déposé.

Alors qu'on nous martelait que le "laboratoire" s'implantait dans un unique objectif de recherche, on voudrait maintenant nous faire croire qu'on lance Cigéo pour un simple test ? Nous ne sommes pas dupes, aussi rappelons une fois de plus aux pouvoirs publics que nous ne voulons pas de la méga-poubelle atomique Cigéo/Bure !


DIMANCHE 5 JUIN 2016 :
Venez apprécier la nature meusienne menacée et participer à un grand rassemblement convivial.
En matinée : 3 randonnées sur l'ancienne ligne de chemin de fer qui ne doit pas être remise en service.
A partir de midi : rendez-vous devant le site du "labo" de BURE pour un pique nique convivial, infos, chorales révolutionnaires, etc.
A 15h : construction solidaire et collective
+ concert de vieilles casseroles apportées par chaque participant-e pour dénoncer toutes celles que traîne l'Andra.

Pour réussir notre pari, nous avons besoin de vous !
Voici 1001 façons de s'impliquer, bienvenue à toutes et tous :

Vous voulez des affiches et flyers :
http://100000pasabure.over-blog.com/affiche-et-flyers.html

Venez randonner et vous faire entendre le dimanche 5 juin et grossir notre mobilisation :
Toutes infos : http://100000pasabure.over-blog.com/
Contacts : 06 81 71 54 52 - 06 82 40 63 70 - 200000pas@riseup.net

Vous cherchez un co-voiturage ou un bus, vous voulez organiser un transport :
Toutes infos : http://100000pasabure.over-blog.com/2016/05/bus-covoiturage.html

Venez donner un coup de main les deux jours précédents, le jour même ou les jours suivants :
installation de matériel, transports, logistique, etc. La maison de résistance de Bure vous accueille.
Nous recherchons aussi des véhicules / camionnettes pour les transports de matériel
Contact : 06 83 66 25 53 - 06 16 35 49 95

Vous avez envie de participer à nos ateliers de "bricolage" d'expression pour décorer les chemins de randonnées :
Toutes infos : 06 81 71 54 52

Vous voulez nous aider à financer l'évènement ?
Opération Kiss Kiss Bank Bank à relayer largement

Et n'oubliez pas d'apporter, le dimanche, vos vieilles casseroles pour le concert (et si vous en avez des gants de chantier) ...
C'est l'époque des vide-greniers, faites le plein de récipients à bon compte
!

Déchets nucléaires, surtout ne pas enfouir, ni à Bure ni ailleurs et arrêtons d'en produire
________________________________________________________________________________________________________
Organisé pa
r BURESTOP 55 + Bure Zone Libre + CEDRA 52 + EODRA + Les Habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château
Avec le soutien du réseau Sortir du nucléai
re

Déchets radioactifs : à Bure, les anti-nucléaires face à l'omerta et l'indifférence

JFB #Thomas Baïetto, #dechets radioactifs, #bure

Déchets radioactifs : à Bure, les anti-nucléaires face à l'omerta et l'indifférence
Thomas Baïetto

Un ouvrier d'Eiffage est mort le 26 janvier au fond d'une galerie souterraine creusée dans le sous-sol de la Meuse. Francetv info s'est rendu sur ce chantier destiné à l'enfouissement de déchets nucléaires.

Il est un peu plus de midi, ce mardi 26 janvier. A 490 mètres sous terre, David, 42 ans, et deux de ses collègues creusent. Les trois hommes sont des salariés d'Eiffage, chargé par l'Andra, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, du chantier de son laboratoire souterrain de Bure. C'est là, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, que l'agence prépare l'enfouissement des déchets radioactifs produits par nos centrales nucléaires : le projet Cigéo.

Une nouvelle galerie est en construction. David et ses collègues viennent d'évider une niche pour accueillir le tunnelier. Ils boulonnent la paroi afin d'éviter qu'elle s'effondre, une "opération déjà réalisée des centaines de fois" selon les mots du patron de l'Andra devant l'Assemblée nationale, le 3 février. Mais ce jour-là, l'argile "glisse".


Ce sont quelques mètres cubes de terre. Le seul drame, c'est que le salarié était juste à cet endroit-là.
Pierre-Marie Abadie, patron de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs
le 3 février à l'Assemblée nationale


Un quatrième ouvrier, qui se trouvait un peu plus loin, tente de le dégager, se blessant légèrement aux mains. Mais il est déjà trop tard : sous l'éboulis, David est mort .

Cet éboulement dans la "poubelle nucléaire" n'est pas passé inaperçu. Même s'il n'y a encore aucun déchet sur le site, les écologistes jugent qu'il remet en cause la fiabilité du projet. "Cela contredit la certitude et l'assurance comme quoi l’argile serait le meilleur coffre-fort possible", estime Corinne François, de l'association Bure Stop, interrogée par francetv info. Proche des écologistes, le géologue Antoine Godinot voit dans cet accident une piqûre de rappel. "L'argile est une roche fragile, même si l'Andra a essayé de nous faire croire que c'était du granit", ironise-t-il. "Cela s'écroule quand vous creusez, et cela s'écroulera plus tard quand le béton des galeries va pourrir, poursuit-il. Et que va-t-il se passer à long terme ?" Il craint que ces déchets, dont la durée de vie se compte en centaines de milliers d'années, ne contaminent les nappes phréatiques et la terre.

"Il n'y a pas de raison de remettre en cause l'ensemble du programme"

L'Andra se pose moins de questions. "Il n’y a pas de raison que l’on remette en cause l’ensemble du programme", indique le directeur du site, Jean-Paul Baillet, devant les caméras. Une semaine plus tard, à l'Assemblée nationale, Pierre-Marie Abadie rappelle que l'accident s'est produit sur une galerie inachevée, alors que les déchets seront stockés dans des trous "entièrement revêtus" de béton. "Si nous avions été en exploitation, il est bien évident que c'est un endroit où il n'y aurait pas eu de déchets", souligne-t-il.

L'agence n'en dira pas d'avantage. "Nous avons pour consigne de ne pas nous exprimer sur le sujet tant que l'enquête est en cours", explique-t-on au service communication. Confiée le 8 février à un juge d'instruction, elle s'oriente pour le moment vers un défaut de matériel, selon le procureur de Bar-le-Duc. Un ouvrier qui se trouvait dans la galerie au moment de l'accident n'est pas plus loquace. "C'est un accident de chantier, martèle-t-il. Ce n'est pas la faute de l'Andra. C'est comme si vous demandiez à un charpentier de venir chez vous et qu'il se tuait."

"Ne vous fatiguez pas trop, vous n'arriverez à rien"

Cette opacité ne surprend pas les syndicats. "Ne vous fatiguez pas trop, vous n'arriverez à rien, glisse un cadre de la CFTC. Sur cet accident, c'est le silence absolu. Cela va être comme la dernière fois". Lors du précédent accident mortel, en 2002, il avait tenté d'accompagner la famille de la victime dans une procédure contre l'entreprise. "Il y a eu des interférences et elle a coupé tout contact du jour au lendemain", se souvient-il.

L'accident a fait les gros titres de la presse régionale. Mais il n'a pas provoqué de réaction particulière dans les petits villages qui entourent le site. "Toutes les grandes entreprises ont des accidents de chantier, c'est classique, balaye Gilles Gauluet, maire de Chassey-Beaupré et ardent partisan du projet. Le seul risque par rapport à Cigéo, ce sont les opposants qui nous emmerdent". "Si l’accident s’était produit ailleurs qu’à l’Andra, on n'en parlerait pas", abonde Antoine Allemeersch, l'édile de Cirfontaines-en-Ornois.

"Ce projet, on fait avec"

Les mains dans les poches de sa blouse verte d'agriculteur, Gérard Antoine, le maire de Bure, ne s'inquiète "pas plus que ça". "Quand on fait des trous, il y a toujours des morts", lâche-t-il. Même s'il juge avoir été "roulé dans la farine" au départ – d'autres laboratoires devaient être construits dans d'autres départements –, il s'est fait une raison. "Ce projet, on vit avec, on fait avec, c'est comme ça, lâche-t-il, un brin fataliste. Cela avance, ils n’iront pas refaire un autre site ailleurs."

A quelques pas de là, le petit local du Clis, le Centre local d'information et de suivi du projet de laboratoire , n'a pas vu sa fréquentation augmenter depuis le 26 janvier. En ce jeudi après-midi de février, la permanente est plus occupée par son cours d'anglais que par les questions des habitants. "Pour beaucoup, la question ne se pose plus. Ils pensent que c'est déjà fait", confie Benoît Jacquet, secrétaire général de cet organe qui réunit opposants et partisans du projet. Et lorsque des questions émergent, elles portent d'avantage sur "les camions qui passeront devant chez eux" ou "la fermeture de leur chasse".


Les éventuelles remontées des radiations dans 150 000 ans, les gens s'en foutent.
Benoît Jacquet, secrétaire général du Centre local d'information et de suivi du projet de laboratoire
à francetv info

Les premiers déchets attendus en 2030

Le projet n'est pourtant pas encore complètement gravé dans l'argile du plateau de Bure. La loi de 2006 a entériné le principe du stockage souterrain, mais n'a pas autorisé l'Andra à enfouir des déchets. L'agence doit déposer en 2018 une demande d'autorisation à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour lancer le projet Cigéo. "Un premier colis radioactif pourrait être descendu, si on a toutes les autorisations, à l'horizon 2030", a expliqué le directeur général de l'Andra devant les députés.

Il est cependant difficile de reprocher aux Meusiens d'avoir l'impression que le projet est acquis. Depuis 1994, l'Andra fait partie du paysage. Il y a le laboratoire, ses annexes et ses lampadaires qui illuminent la nuit. En face, EDF a installé ses archives dans un bâtiment moderne, à deux pas d'un hôtel qui accueille la cafétéria des salariés de l'Andra. Des pelleteuses tracent sur les collines environnantes des fosses d'un mètre de profondeur pour les fouilles archéologiques préalables au chantier. Une présence à peine contrebalancée par les tags "Casse-toi l'Andra" qui fleurissent au bord des routes.

"Il y a des sucettes pour tout le monde"

L'agence s'est aussi intégrée dans la population. Si certains employés débarquent chaque matin des villes voisines, elle a su recruter localement, parmi les 4 habitants au km² du territoire. "Mon neveu a fait des études d'environnement et travaille aujourd'hui à l'écotech de l'Andra. Il ne serait pas resté ici sans ce projet", pose Antoine Allemeersch. L'ouvrier qui était au fond de la galerie le jour de l'accident est encore plus direct : "Heureusement qu'il y a l'Andra, parce que ce n'est pas dans notre trou à rats de la Meuse qu'on trouverait du boulot."

La présence de l'agence se devine jusque dans les réverbères des villages. La plupart sont équipés d'un éclairage public flambant neuf : rouge à Mandres-en-Barrois, vert à Chassey-Beaupré, bleu à Gondrecourt-le-Château. Pour compenser l'arrivée probable des déchets, l'Etat verse aux communes situées dans une zone de 10 km autour du laboratoire une dotation d'environ 500 euros par habitant. Les pollueurs – Areva et EDF – versent chaque année à la Haute-Marne et à la Meuse 30 millions d'euros chacun, à travers une taxe sur les installations nucléaires. Les communes peuvent y accéder en faisant des demandes de subvention aux deux GIP, des groupements d'intérêt public chargés de distribuer cette manne. "Il y a des sucettes pour tout le monde", résume Jean-Pierre Remmelé, l'ancien maire de Bonnet.

Une maigre opposition locale

L'ancien élu est l'un des rares à s'être opposé frontalement au projet, en janvier 2010. "Je suis le seul maire des 33 communes concernées par le rayon des 10 km à avoir fait voter une délibération contre l’enfouissement au nom du principe de précaution, se félicite-t-il aujourd'hui. Les élus du coin ne voient que le fric, les emplois" et les réceptions. "Si vous voulez être alcoolique et obèse, c'est possible avec l'Andra", ironise-t-il.

Pour lui, le projet ne tient pas la route : "si vous prenez ce qui a déjà été tenté en enfouissement, vous avez Asse, en Allemagne, où il faut ressortir les déchets parce que l’eau s’infiltre , et le WIPP, aux Etats-Unis, où un colis a explosé", relève-t-il. Son opposition au projet lui a valu une guérilla politique d'une partie de son conseil municipal, alimentée en sous-main par la préfecture et l'Andra, assure-t-il. Et, en 2014, Jean-Pierre Remmelé a perdu les élections.

"Un avion sans piste d'atterrissage"

Les principaux bastions de résistance à l'Andra se concentrent désormais dans une maison de Bure, où des militants de passage font vivre l'association Bure Zone Libre, et à Gondrecourt-le-Château. Dans ce bourg d'un millier d'habitants, deux tags "L'Andra tue" ont fleuri au lendemain de l'accident. Ils ont été effacés, mais on peut toujours lire "Contre le nucléaire, action directe et sabotage" sous le pont qui enjambe l'Ornain.

Pour rencontrer la seule association locale d'opposants, il faut pousser la porte du cabinet du kiné, son président. Une pancarte "Déchets nucléaires ? Ça empoisonne !" surplombe la porte d'entrée. Dans la salle d'attente, un petit baril jaune avec le symbole nucléaire trône sur la pile de magazines. "Je suis un militant antinucléaire depuis que j'ai 14 ans, explique Jean-François Bodenreider, en massant vigoureusement un patient. Ils ont fait décoller un avion dans les années 1970 et ils n'ont toujours pas construit la piste d’atterrissage."

"La nature aura toujours le dernier mot"

Lancée en novembre 2008, son association, "Les habitants vigilants du canton de Gondrecourt", cherche simplement à sensibiliser la population aux dangers du stockage, sans se mettre à dos ceux qui travaillent pour l'ennemi. "J’ai des patients de l’Andra, je ne vais pas refuser de les accueillir pour autant", résume Jean-François Bodenreider. Il a fait venir des Japonais de Fukushima et des irradiés du Sahara. Cet été, son association participera à la marche des 200 000 pas à Bure.

Selon lui, l'accident ne va rien changer. "Les gens en parlent, mais il n'y aura guère plus de réactions", estime-t-il. Sans interrompre son massage, il résume l'apathie locale par une anecdote : "Une fois, j'ai tracé 'Non à Bure' à la tondeuse dans mon jardin. Une passante m'avait dit 'On est avec vous'. Mais ça s'arrête là". Il reste malgré tout optimiste. "La nature aura toujours le dernier mot", veut-il croire, avant d'évoquer "la porte de sortie financière" ouverte par les difficultés d'Areva et d'EDF . Si le projet se fait, lui et sa femme Marie-Eve ne donnent pas cher de leur région. "On aimerait avoir tort, assure-t-elle, avant de lâcher : l'idéal, ce serait qu'on se trompe".

Pétition Photos

JFB #cigeo, #pétition, #bure, #andra
Pétition Photos

Imprimez l'affichette : CIGEO, JE DIS NON .

Faites vous photographier selon votre inspiration.

et adressez nous vos portraits : petition.bure at yahoo.fr

l'affichette pour leur montrer notre détermination Anti-CIGEO

l'affichette pour leur montrer notre détermination Anti-CIGEO

Par ici la sortie

JFB #macron, #cigeo, #bure, #nucleaire-Déchets-radioactifs

Imposé et maintenant dégagé, le projet CIGEO n'a pas sa place ni en Meuse, ni ailleurs. Le projet d'enfouissement des déchets radioactifs doit rester à l'étude . La phase de réalisation destinée à enrichir quelque groupe industriel n'est pas pour demain. OUF !

Pour nous, opposants locaux, cette décision est la preuve à donner à la population du canton de Gondrecourt le château que RIEN n'est acté. Les déchets ne sont pas arrivés et ne sont pas prêts d'arriver.

Nous devons rester vigilants. Le lobby a les dents longue(t)s.

L'enfouissement est irréversible mais le projet de l'andra est réversible.

100 000 pas à Bure

JFB #bure, #cigeo, #andra, #chaine humaine, #100 000 pas à BURE

Le résumé de la journée en vidéo. Rassemblement réussi et déterminé. La lutte contre CIGEO ne s'essouffle pas. Bien au contraire, elle se renforce de bases scientifiques ANTI enfouissement radioactif et des prises de conscience générale. Désormais, de simples citoyens se sentent impliqués et osent se présenter devant le portail du site pour dire NON.

GEREZ LES DECHETS RADIOACTIFS D'UNE AUTRE FACON.

SYNDIESE

~~Communiqué de presse de la fédération MIRABEL Lorraine Nature Environnement 03 octobre 2014

Nos forêts dans les réservoirs de nos voitures ? SYNDIESE : une usine à gaz ?

Le projet SYNDIESE de gazéification du bois pour fabriquer du diesel de synthèse, dont les premières installations ont été implantées à SAUDRON dans le nord de la Haute-Marne (à 3km de la Meuse), inaugurera la 1ère phase de son activité le 06 octobre prochain. Un démonstrateur « pilote » ? … ….ou une usine à gaz au bilan environnemental et énergétique calamiteux ?

Ce démonstrateur pré-industriel du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) engloutirait chaque année 90 000 Tonnes de bois brut, soit 20% de la ressource bois supplémentaire mobilisable en Lorraine (estimée à 450 000T annuelles) pour alimenter en diésel seulement 3000 véhicules ! Un chiffre ridicule à comparer aux 28 000 véhicules du Pays Barrois tout proche 124 communes dans le sud-meusien, près de 70 000 habitants). Transport, broyage, séchage, gazéification…autant de phases industrielles très consommatrices en énergie…

Qui plus est, pour fabriquer de l’hydrogène en parallèle, l’usine consommerait autant d’électricité qu’une ville de 30 000 habitants. Un projet qui met la forêt en danger Le CEA ambitionne de démarrer en France une filière industrielle. Pour tenter d’obtenir une rentabilité économique jugée aléatoire par beaucoup d’industriels européens et mondiaux, une usine de taille industrielle devrait transformer annuellement au minimum 1 million de tonnes de bois, soit 9 à 10 fois plus que le prototype de Saudron. Dans le même temps, les gros projets industriels d’utilisation du bois pour fabriquer de la chaleur et de l’électricité fleurissent un peu partout en France et dans le monde. L’exemple de la mégacentrale de l’entreprise allemande E.On à Gardanne près d’Aix en Provence devrait nous alerter : le gigantisme de cette installation est tel que, sur les 850 000 tonnes de bois/an nécessaires, la moitié serait prélevée dans le sud de la France dans un rayon de 400 kms et acheminée par camions et l’autre serait importée notamment des Etats-Unis et du Canada. Les projets industriels de cette taille exercent une pression intenable pour la filière bois régionale et française et ils mettent en péril la régénération de la forêt et du capital forestier. Le bois est une ressource renouvelable, certes, mais lentement et ce n’est pas une ressource inépuisable.

Une usine sale, à haut risque et qui s’impose sur le terrain sans autorisation SYNDIESE serait une installation à haut risque d’explosion et d’incendie, et très polluante (SEVESO/ICPE) : poussières allergènes, gaz acides, cendres et goudrons toxiques et métaux lourds… 32 000m3/an d’effluents soit l’équivalent d’une piscine olympique par mois sortirait de l’usine pour être traités en tant que déchets dangereux… Cette installation dangereuse de type ICPE/SEVESO n’ayant, pour l’heure, pas encore été soumise à enquête publique, personne n’a donc pu consulter le dossier précis du CEA, maitre d’ouvrage, présentant le projet détaillé et son plan d’approvisionnement en bois.

Pourtant, les travaux d’installation et de pré-traitement du bois ont bien avancé sur le terrain, nous mettant devant le fait accompli d’un projet qui, pour l’instant, n’a pas d’existence légale. De toute évidence, le projet a été saucissonné administrativement dans le temps, pour le faire accepter par la population locale, et la population a été tenue dans l’ignorance du dossier. Des antécédents chaotiques… mais le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) recycle à son profit les fonds du GIP…

La seule tentative équivalente à Freiberg en Allemagne (2008) n’a finalement jamais vu le jour, faute d’argent. Il faut dire que le carburant produit serait deux fois plus cher que le diesel classique pour un bilan émission gaz à effet de serre très coûteux… Ce n’est pas un hasard si le CEA a choisit Saudron, à 3 km de Bure, lieu potentiel d’enfouissement des déchets radioactifs, pour implanter cette usine. En tant que producteur de déchets radioactifs, le CEA verse des taxes à l’Etat. L’Etat reverse ces taxes à la Meuse et à la Haute Marne pour les aider à accepter le projet de méga-poubelle atomique « CIGEO » à Bure. Ensuite, la Meuse et la Haute Marne, au travers des GIP (groupement d’intérêt public) rendent l’argent au CEA pour SYNDIESE…rien ne se perd...

Mais le CEA qui est un organisme public, ne pourra pas se passer d'un solide soutien de l'Europe, de l'Etat et des collectivités pour son projet estimé, pour l'instant, à 270 millions d’euros environ. Que pense le citoyen d’un tel gaspillage des fonds publics ?

Des alternatives ? Culture de micro algues, valorisation des gaz sortant des aciéries Lorraines, production d’hydrogène à partir d’éoliennes et amélioration des possibilités de stockage de l’énergie …les voies de recherches prometteuses ne manquent pourtant pas… Ces alternatives peuvent aussi être locales. Un exemple : Dans le cadre du Plan Climat territorial du Pays Barrois (55), une étude menée par l’EPL Agro de Bar Le Duc en 2011/2012 a montrée que la valorisation du biogaz en GNV (Gaz Naturel pour les Véhicules) produit à partir de la menue paille et des effluents du Pays Barrois permettrait de couvrir plus que la totalité des besoins (158%) des 28 000 véhicules du Pays Barrois. Qui plus est, sans impacter les ressources alimentaires du territoire ou la forêt, la valorisation du biogaz en GNV aurait un bilan énergétique et gaz à effet de serre bien meilleur que les carburants fossiles et permettrait la création de 80 à 100 emplois locaux.

Pour Mirabel-LNE, il faut laisser à la forêt la noble mission de produire du bois d’œuvre de qualité à haute valeur économique et écologique ajoutée, et secondairement la filière bois d’industrie existante et les projets locaux de chauffage au bois. Plutôt que de développer des projets industriels à la faisabilité douteuse, la première des solutions est avant tout la réduction de notre consommation excessive de carburant : rationalisation de nos déplacements, développement des filières courtes, transport de marchandises par mode fluvial et ferroviaire, transport en commun, transports doux…

Avec le projet SYNDIESE à 3 km de Bure, la filière nucléaire s’auto-alimente via le CEA et nous offre un remake de « retour vers le passé » : du nucléaire et du diesel en masse, sur l’argent du contribuable... Cette nage à contre courant de la transition énergétique n’est plus tenable. Le projet SYNDIESE est un projet inutile, imposé et destructeur qui doit être abandonné.

(1) 75 000 tonnes par an de biomasse sèche issue de ressources forestières locales soit plus de 90 000 tonnes par an de biomasse fraîche (Lignocellulose – résidus forestiers, rémanents d’exploitation, déchets d'exploitation forestière…)

Pour en savoir plus : http://mirabel-lne.asso.fr/content/syndiese http://www.eplagro55.fr/innovations-experimentations/experimentation-methanisation-quelle-valorisation-du-biogaz-a-lechelle-dun-territoire-2011-2012.html

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