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Les Habitants Vigilants
Association des Habitants Vigilants du canton de Gondrecourt le château

Le 04 février 1997 - des wagons de combustible irradié déraillent à 28 km/h en gare dans l'agglomération d'Apach (Moselle).

JFB


Le 04 février 1997 - des wagons de combustible irradié déraillent à 28 km/h en gare dans l'agglomération d'Apach (Moselle).

Au cours de l'année 97 justement un cinquième des convois d'Allemagne avaient des niveaux de contamination très élevés (jusqu'à 13 000 Bq/cm2) mais cela restera secret jusqu'à la crise de mai 98 (voir récit Mycle Schneider, biblio ci-dessous).
Ce 04 février 97, le préfet a été prévenu une heure après le déraillement mais il n'avait aucune informations (contenu du wagon ?) et ne savait pas qui avait autorisé le transport. 35 heures plus tard; il ne saura toujours pas qui est compétent pour que le train puisse repartir et il prendra la décision sur lui.
Deux heures après le déraillement, la Cellule d'Intervention Radiologique (CMIR) a informé "de l'absence de fuites radioactives" (SIC). Ce constat sera "confirmé" (re-SIC) 7 heures plus tard par des agents CEA et OPRI.
Certaines réflexions des deux fonctionnaires de la préfecture laissent songeur :
"C'est ainsi que les experts du CEA et OPRI ont accepté, contrairement à leur habitude, de mesurer la radioactivité sans porter de combinaison sinon leur message rassurant sur l'absence de fuites n'aurait pas eu la crédibilité auprès de la population locale", ni des cheminots pourrait-on ajouter qui n'auront donc eu aucune raison de travailler différemment qu'à l'habitude .
A la lecture de cet article, les seules informations que semblent avoir données les experts sont qu'il n'y a "pas de fuite" et que ce qu'ils ont mesuré est "rassurant".
La préfecture comprendra par là, probablement de bonne foi, qu' "il n'y a pas de radioactivité" (SIC), expression que véhiculeront au pays entier les dépêches de l'AFP puisque c'est la préfecture chargée de la communication qui les a émises.
Du 04/02, 11 heures, (plusieurs heures avant l'arrivée des experts CEA et OPRI) jusqu'au 05/02 06 heures, soit pendant 19 heures d'affilées, des cheminots s'activeront sur ces wagons, les accrochant pour relevage, les manipulant, ils remplaceront les tampons etc. (et d'autres ont touché les wagons avant, entre le déraillement à 06h40 et 11h ).
L'idée d'une contamination externe ne pouvait venir à l'idée de personne début 97. Et une telle information n'aurait en aucun cas été donnée en pleine crise médiatique, les wagons hors des rails et les rails cassés (la seconde chaîne TV allemande, ZDF, était là avec un camion satellite).
Quelle était la contamination externe : 10 Bq/cm2 ? 100 Bq/cm2 ? 1000 Bq/cm2 ? 10 000 Bq/cm2 ?, Quels étaient les éléments radioactifs concernés ?, tritium?, Cobalt 60 ?, Zirconium 93 ?, Niobium 94 ?, Argent 110m ?, Césium 137 ?, Palladium 107 ?, Technétium 99 ?, Iode 129 ?
En outre l'irradiation externe maximale tolérée par l'AIEA à 1 mètre des suremballages est comprise entre 0,1 et 2 mSv/heure (encore peut-on remarquer que dans cet article on ne fait pas dire aux experts que ce qu'ils ont mesuré était sous les seuils légaux, mais seulement que selon eux, c'était "rassurant").
Quelle est la dose cumulée qu'ont reçu les différents cheminots en contamination interne + irradiation externe ? En bref, ont-ils eu de la Chance ou n'ont-ils pas eu de bol ?
En tout cas nous dit le rapport Lacoste le 13 mai 98, le terminal ferroviaire BNFL de Dunkerque où se rendaient ces wagons est à décontaminer.
Le 30 juin 1997, un autre wagon transportant du combustible irradié déraillait à Cruas (Ardèche, "Contrôle"(9) 08/98, p. 23). Les mêmes opérations se sont forcément déroulées et les mêmes questions se posent puisqu'on apprendra un an plus tard que 25% des wagons en France étaient alors contaminés sur leur surface externe.


Biblio à connaître absolument :
¨Schneider, M. 1998, "La saga des transports contaminés, un récit personnel", Investigation plutonium
n°6/7, juin, 16p. http://www.wise-paris.org/index_f.html, aller à "Bulletins" (colonne de gauche) puis n°6/7 et le lire ou le télécharger.

Le long périple ferroviaire des déchets radioactifs ...

Au centre, au 2° plan de la photo de gauche, un cheminot s'appuie sur le wagon avec sa main. Celui avec la veste claire se tient le dos à 1m du surconteneur.

Au centre, au 2° plan de la photo de gauche, un cheminot s'appuie sur le wagon avec sa main. Celui avec la veste claire se tient le dos à 1m du surconteneur.

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